Jean-Marie Straub et Danièle Huillet

7 au 12 Août 2017, PARDO D’ONORE FESTIVAL DE LOCARNO

PARDO D’ONORE FESTIVAL DE LOCARNO 2017

7.8.2017
9h00 au GranRex:
Projection de Der Bräutigam, die Komödiantin und der Zuhälter et
de Von heute auf morgen

9.8.2017
9h00 au GranRex:
Projection de Cézanne, Dialogue avec Joachim Gasquet et Une visite au Louvre

13h30 au PalaVideo:
“Influence of Jean-Marie Straub” conférence par Albert Serra

10.8.2017
13h30 au Spazio Cinema: Jean-Marie Straub Round Table”
Avec Renato Berta, Freddy Buache, Christophe Clavert, Giovanna Daddi,
Dario Marconcini, Astrid Ofner, Giorgio Passerone
Modérée par Roberto Turigliatto

19h00 au Teatro Kursaal:
Projection de En rachâchant et de Dalla nube alla resistenza

11.8.2017
16h00 au Teatro Kursaal:
Projection de Kommunisten, La Guerre d’Algérie! et L’Aquarium et la Nation

21h30 sur la Piazza Grande: Pardo d’onore Manor à Jean-Marie Straub
Suivie de la projection de Sicilia! (en deuxième partie de soirée, à la suite du film Atomic Blonde)

12.8.2017
9h00 au Teatro Kursaal: Projection de Incantati et Klassenverhältnisse

 

Pardo d’onore Manor décerné à Jean-Marie Straub

Jean-Marie Straub

Jean-Marie Straub recevra le Pardo d’onore Manor vendredi 11 août lors de la 70e édition du Locarno Festival. Straub, cinéaste reconnu dans le monde entier pour la rigueur de ses choix et la force de ses propositions, est un auteur phare pour des générations de spectateurs et de réalisateurs.

En plus de 60 ans de carrière, de la France à la Suisse, en passant par l’Allemagne et l’Italie, Jean-Marie Straub (né en 1933) a (ré)écrit l’histoire du cinéma, jonglant avec  trois langues nationales suisses. Il a parcouru le cinéma aux côtés de Danièle Huillet (1936-2006), sa compagne à la ville, avec laquelle il a formé un compagnonnage artistique. Après des débuts en tant qu’assistant de Jean Renoir et de Robert Bresson, Straub a tracé, avec Huillet, un sillon dans le cinéma du XXe siècle en plaçant le réel et les façons de le montrer au centre: un cinéma radical, rigoureux, où le superflu cède la place à l’essentiel.

Souvent joué par des acteurs non professionnels – autant de palettes idéales pour un rapport direct avec le texte –, le cinéma de Straub et Huillet se veut antispectaculaire et profondément politique, sans jamais tomber dans la propagande.

Après le court-métrage antimilitariste Machorka-Muff, en 1963, le premier long-métrage du couple, Chronik der Anna Magdalena Bach (1967), porte la marque de leur œuvre, un cinéma qui est littéralement le septième art. Très souvent « au service » de la littérature, du théâtre, de la musique et de la peinture, leurs films élaborent des puissantes relectures des grands maîtres de l’art, tels Jean Sébastien Bach, Kafka, Mallarmé, Pavese, Brecht, Engels, Cézanne, D. W. Griffith et tant d’autres attachés à une éthique rigoureuse du regard. En 1970, le film Les yeux ne veulent pas en tout temps se fermer, ou Peut-être qu’un jour Rome se permettra de choisir à son tour, célèbre une fois pour toutes la distanciation du jeu dans leur cinéma, dans lequel la fiction aussi nécessite de coller le plus possible au réel (et y parvient), en bannissant l’interprétation et donc toute possible équivoque.

Straub a été et est toujours très lié au Festival; il a offert de nombreux films aux spectateurs de Locarno. Parmi les œuvres importantes de sa vie de cinéaste que le Festival a présenté, rappelons son premier long-métrage, Chronik der Anna Magdalena Bach, qui figurait dans la programmation principale de 1968 ; Antigone, projeté en 1992 sur la Piazza Grande, et Kommunisten, proposé en 2014 dans la section Fuori Concorso.

Carlo Chatrian, Directeur artistique du Locarno Festival: «Pouvoir récompenser l’œuvre de Jean-Marie Straub et lui rendre hommage lors de la 70e édition du Festival est un honneur particulier. Non seulement pour le lien étroit que Straub et Huillet ont tissé avec le Locarno Festival, mais surtout parce que leurs films occupent une place essentielle dans l’histoire du cinéma moderne et ont encore aujourd’hui une influence indéniable sur de nombreux réalisateurs. On a souvent parlé de rigueur pour qualifier leur pratique: en revoyant leurs films, on sent aussi combien la liberté pulse dans chacun des plans – ce dont le cinéma «numérique» a cruellement besoin aujourd’hui. Les films de Straub et Huillet ont beaucoup à nous dire, et c’est peut-être pour cela que les récentes rétrospectives au Centre Georges Pompidou à Paris, au MoMA à New York et à Madrid au Museo Reina Sofia, ont connu un tel succès. Je suis fier d’accueillir Jean-Marie Straub à Locarno et je suis convaincu que le public saura lui réserver l’accueil que les grands réalisateurs méritent».

Dans le passé, le Pardo d’onore a été attribué à des cinéastes d’envergure, tels Samuel Fuller, Jean-Luc Godard, Ken Loach, Sydney Pollack, William Friedkin, Jia Zhangke, Alain Tanner, Werner Herzog, Agnès Varda, Michael Cimino, Marco Bellocchio et, en 2016, Alejandro Jodorowsky. Manor soutient ce prix depuis cette année.

Jean-Marie Straub recevra le Pardo d’onore Manor sur la Piazza Grande le 11 août.

La 70e édition du Locarno Festival se tiendra du 2 au 12 août 2017.

www.pardo.ch

 

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